L'Homme-plume

L'Homme-plume

par Flaubert

Publié le 19/11/2025

Catégorie : ROMAN

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Description

Septembre 1851-30 avril 1856 : 56 mois d'un travail acharné, 5000 pages de brouillons et manuscrits. Ecrit dans la solitude de Croisset, Madame Bovary marque l'entrée en littérature de Gustave Flaubert, à 35 ans. L'" homme plume " a érigé en système et en symbole cette façon de travailler : " je n'ai par devant moi aucun autre horizon que celui qui m'entoure immédiatement. Mon organisation est un système; le tout sans parti pris de soi-même, par la pente des choses qui fait que l'ours blanc habite les glaces et que le chameau marche sur le sable. je suis un homme-plume. Je sens par elle, à cause d'elle, par rapport à elle et beaucoup plus avec elle ". La rédaction de Madame Bovary s'est jouée sur quelques règles de composition inédites dans lesquelles Flaubert voyait les chances d'une nouvelle conception du roman: - prééminence du scénario : quel que soit le talent du romancier, les développements narratifs les plus brillants ne valent rien s'ils ne découlent strictement de la nécessité d'un plan ; " les perles ne font pas le collier ; c'est le fil. (...) Tout dépend du plan. " - création d'un univers autonome d'autant plus dense qu'il sera plus immatériel : " Ce qui me semble beau, ce que je voudrais faire, c'est un livre sur rien, un livre sans attache extérieure, qui se tiendrait de lui-même par la force interne de son style, [...] Les oeuvres les plus belles sont celles où il y a le moins de matière ". - pas d'intervention directe de l'auteur ou du narrateur : " L'auteur, dans son oeuvre, doit être comme Dieu dans l'univers, présent partout, et visible nulle part. " - pureté de la prose : "une bonne phrase de prose doit être comme un bon vers, inchangeable, aussi rythmée, aussi sonore. Tout le talent d'écrire ne consiste après tout que dans le choix des mots. C'est la précision qui fait la force ce qu'il y a de plus beau et de plus rare, c'est la pureté du son. " Combinées les unes avec les autres, ces exigences coûtent très cher : certains passages " difficiles ", comme la composition des Comices agricoles, demandent à Flaubert jusqu'à 70 feuillets de brouillons par page de texte imprimé. Toutes ces règles ne visent qu'un seul but : donner au roman le statut d'oeuvre d'art à part entière et à la prose la même intensité que la poésie. De Madame Bovary à Salammbô, à l'Education sentimentale à la Tentation de saint Antoine, aux Trois Contes et enfin à Bouvard et Pécuchet, Flaubert aura ainsi révolutionné le roman.